Jaha Dukureh, une militante contre l’excision nommée au Prix Nobel de la Paix

By on mars 19, 2018 Société

En 2016, elle a figuré dans le top 100 des personnalités les plus influentes au monde du Times. Puis, elle a été désignée ambassadrice d’ONU femmes pour l’Afrique. Et en février 2017, elle a été nominée pour le prix Nobel de la Paix 2018. Jaha Dukureh multiplie les récompenses pour son combat contre les mutilations génitales faites aux femmes. Nommée par certains « la femme africaine la plus influente du monde », elle vient de lancer le Mouvement des Big Sisters, à Dakar, dont le but est de rendre illégales l’excision et les mariages d’enfants.

 

 

Un militantisme lié à son histoire

Si Jaha Dukureh s’est lancée corps et âmes dans ce combat, c’est certainement lié à son vécu. Naturalisée américaine en 2015, elle est née en 1989 dans un petit village de Gambie où elle a été excisée à l’âge d’une semaine avant d’être promise en mariage à un homme qu’elle n’avait jamais rencontré et qu’elle a dû rejoindre aux Etats-Unis en 2004, alors qu’elle n’avait que quinze ans. Au bout de deux mois difficiles, elle réussit à quitter son mari et à se réfugier chez son oncle et sa tante, dans le Bronx. Bien que désormais considérée comme une femme et non plus une fille, elle les convainc de la laisser reprendre le chemin de l’école. Diplômée en administration des affaires de la Georgia Southwestern State University en 2013, elle s’installe à Atlanta où elle se remarie. C’est enceinte de sa fille qu’elle prend la décision de dénoncer la pratique des mutilations génitales féminines.

 

Un combat réussi en Gambie

Activiste, très présente sur les réseaux sociaux, elle fonde en 2013 Safe Hands for Girls, une association militant pour les protection des jeunes filles et femmes des mutilations génitales. En 2015, elle rencontre le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et obtient à la fin de la même année l’interdiction de l’excision dans son pays d’origine, la Gambie. C’est ainsi que les médias multiplient les articles et documentaires à son sujet et qu’elle est nommée par l’ONU première ambassadrice de bonne volonté pour l’Afrique, le 6 février 2018, à l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro pour les MGF. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’elle vient de lancer à Dakar le Mouvement des Big Sisters dont les objectifs sont les suivants : rendre illégales partout les mutilations génitales féminines et le mariage des enfants d’ici 2020 pour une éradication totale en 2030.

 

Par C.B