Miss Handicap Côte d’Ivoire 2018 : un combat contre la stigmatisation

By on mai 31, 2018 Actu

Après l’Afrique du Sud et le Cameroun, la Côte d’Ivoire vient de voir se dérouler son premier concours de miss réservé aux personnes en situation de handicap. Son objectif : lutter contre une double discrimination, à savoir la situation des femmes et des personnes handicapées. Le prix a été remis à Loukou Getheme, une jeune étudiante de 25 ans atteinte d’une malformation à une jambe.

 

 

Le jeudi 24 mai 2018, à l’hôtel communal de Cocody, s’est déroulée la première édition de « Miss Handicap Handicap ». Cette soirée avait pour thème :  »Jeune femme handicapée travailleuse et engagée au service d’une Côte d’Ivoire émergente ». Elles étaient dix finalistes qui se sont exposées au regard d’autrui avec courage, sur un continent où le handicap est souvent moins accepté que dans le monde occidental.  « Toutes les filles en situation de handicap comme moi, qui sont dans leur coin, qui n’osent pas s’afficher (…), à partir de ce concours, elles auront enfin le courage et la force de se présenter. Le handicap, c’est dans la tête, il faut braver les barrières et tout ira bien », assure la lauréate 2018, Loukou Getheme, une étudiante de 25 ans, handicapée à une jambe depuis son plus jeune âge.

A l’origine de cet évènement, la jeune chanteuse de 33 ans, Nuella, Manuella Ette. « La beauté du monde, c’est la différence. On fait partie d’une minorité et on doit se faire entendre de la majorité », souligne-t-elle. Née avec une malformation congénitale aux jambes, elle a été opérée 36 fois et marche toujours avec douleur. Cela ne l’a pas empêchée de devenir célèbre – elle a notamment remporté deux télé-crochets africains : Star Karaoké 2007, Africa Star 2010. La chanteuse rappelle le manque de budgets d’aide aux personnes handicapées mais pointe aussi les problèmes sociétaux.

 

450 000 personnes handicapées sont recensées en Côte d’Ivoire (24 millions d’habitants), sans oublier celles qui ne sont pas déclarées à la naissance par honte de la famille. Après le Cameroun, qui en est à sa troisième édition, et l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire est le troisième pays africain à organiser le concours, qui existe déjà dans de nombreux pays de l’hémisphère nord. L’objectif : lutter contre une double discrimination, contre les femmes et le handicap. Ainsi, ce concours permet à ces femmes de se montrer au grand jour et de s’offrir des opportunités dans un univers où les barrières sont nombreuses pour elles.

 

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