Wanuri Kahiu, la première réalisatrice kényane sélectionnée au Festival de Cannes

By on avril 23, 2018 Culture

Qui aurait pu penser que le premier film kényan sélectionné à Cannes puisse porter sur une histoire d’amour lesbien en Afrique, et, de surcroît, être réalisé par une femme ? C’est pourtant l’histoire de Wanuri Kahiu, réalisatrice du film « Rafiki ». Ce long-métrage concourra dans la sélection Un certain regard en mai 2018.

 

Signifiant « ami » en Swahili, Rafiki relate l’histoire d’amour entre deux adolescentes kényanes, Kena et Ziki, devant faire face à l’homophobie ambiante qui régit la société kenyane. Face à l’hostilité de la communauté, elles devront choisir entre l’amour et la sécurité. Dans son synopsis en ligne, Wanuri Kahiu met en avant « l’urgence et la nécessité » qu’il y avait à faire ce film, à« dans un climat anti-LGBT terrifiant [notamment en Ouganda, pays voisin dans lequel la communauté gay doit faire face à un projet de loi nommé “Tuons les gays”] ». Rafiki, c’est « la beauté et la difficulté de l’amour, des moments précieux pendant lesquels on s’élève au-delà de nos préjugés ». Précisons que ce film s’est inspiré du livre Jambula Tree de Monica Arac de Nyeko qui avait d’ailleurs remporté le prix Caine en 2007.

 

Pour le premier film kenyan sélectionné à Cannes, on peut considérer que c’est un coup de force autant qu’un acte courageux. « Yes we Cannes !« , s’est d’ailleurs écriée Wanuri Kahiu dans un tweet à l’annonce de sa sélection. Toutefois, ça n’est pas la première fois que cette jeune femme de 36 ans expose son travail à une échelle internationale.  Elle avait en effet déjà proposé son court-métrage Pumzi à Sundance. Elle est également l’auteure d’un long-métrage, From a Whisper, basé sur les attentats des ambassades américaines en Afrique survenus à Nairobi et à Dar es Salam (Tanzanie) le 7 août 1998. Une docu-fiction récompensée à cinq reprises aux Africain Movie Academy Award en 2009.

Sachant que Rafiki a fait l’objet, lors de sa réalisation, d’une interdiction, de l’arrestation du producteur exécutif, sans oublier le harcèlement de l’équipe et des interprètes, cette sélection prouve que lorsqu’on y croit, on peut atteindre nos objectifs. Cette nouvelle est également un pas en avant dans le combat mené par sa réalisatrice pour dépeindre une autre Afrique tournée vers l’avenir.

C.B.

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